Popup

Salim
L' Integration feat. SPYD & FAZA & NARO & K.RA (SALE EQUIPE) & JO POPO (3EME OEIL) & SAMIA & FAHAR (PUISSANCE NORD) & R.OXYDE (GHETTO STAR 143) & LORENZO LA RAFALE & DEUCIS (DSS) & BRIGANTE (REVOLUTION URBAINE) & MARINA R. & SOLDA (GHETTO STAR 143) & EL M

Tu n'as pas la bonne version de Flash pour utiliser le player Skyrock Music.
Clique ici pour installer Flash.

EN DIRECT DE RADIO OUTRE MER 97.6 A MARSEILLE 13014 INTERVIEW PAR SYVAL A 19H00

EN DIRECT DE RADIO OUTRE MER 97.6 A MARSEILLE 13014 INTERVIEW PAR SYVAL A 19H00
Premiere emmision de radio avec mon association " et si le rap rimait avec handicap "

# Posté le samedi 02 mai 2009 04:02

Modifié le samedi 02 mai 2009 04:13

TOURNOI DE FOOT LE 18 AVRIL 2009 A L'ECOLE DE LA DEUXIEME CHANCE ENTRE VALIDE ET FOOT FAUTEUIL

TOURNOI DE FOOT LE 18 AVRIL 2009 A L'ECOLE DE LA DEUXIEME CHANCE ENTRE VALIDE ET FOOT FAUTEUIL
La famille et les membres de l'association partie 1

# Posté le vendredi 24 avril 2009 09:03

Modifié le dimanche 26 avril 2009 08:27

CONCERT DU 14 MARS A L'ESTAQUE - MARSEILLE

CONCERT DU 14 MARS A L'ESTAQUE - MARSEILLE
VOICI QUELQUES PHOTOS DE MON INTERVENTION AVEC MON POTE MOUSSA PENDANT LE CONCERT MULTI-CULTI A L'ESPACE MISTRAL A L'ESTAQUE.

ÉTAIENT PRÉSENT SUR SCÈNE :

RÉVOLUTION URBAINE
NARO
GHETTO STAR
ZONE 2 TURBULANCE
MIK D'ELITE ECT ...

# Posté le jeudi 23 avril 2009 13:30

Modifié le dimanche 26 avril 2009 10:31

VOYAGE EN SLOVENIE

VOYAGE EN SLOVENIE
En été 2007, il m'a été proposé un échange européen sur le thème du handicap, organisé par une association qui s'appelle « PISTE SOLIDAIRE ».
A cet échange il y'avait des français, des slovènes, des slovaques et des italiens sur une semaine, tous héberger au CREPS. Tout les soirs un pays préparer sa soirée pour nous présenter les traditions de son pays, aussi bien culinaire que culturelles.
On avait un planning défini en amont, et chaque pays devait présenter une exposition photo sur le thème de la mixité en personnes valides et non valides.
C'était génial, je trouve que échanger avec d'autre pays sur le thème du handicap permet de percevoir la condition des personnes handicapés des autres pays est enrichissant
Cette année, c'est le groupe slovène qui organise la rencontre, j'étais à la visite préparatoire avec tout le responsables des pays participants, j'ai été très agréablement surpris, notamment sur l'hospitalité de ce pays et sur l'accessibilité en fauteuil roulant.
Le peu de personnes handicapées que j'ai vu, ils sont parti prenante de la vie active, même la fac de la capitale Ljubljana est accessible aux personnes handicapées.
C'est une belle leçon pour notre gouvernement français... si les autres pays le font, pourquoi pas nous ?

# Posté le jeudi 23 avril 2009 13:27

Le parcours du combattant

Le parcours du combattant - Salim Benfooda

Je m'appelle Salim, j'ai 22 ans, je suis infirme moteur cérébral, né prématurément à 6 mois et demi.

Les étapes de la vie:
Valide ou handicapé, quand tu grandis, tu traverses plusieurs étapes :

La première étape, c'est l'enfance, quand tu es valide, tu fais ton apprentissage de la vie, tu es insouciant, mais tu peux aussi avoir une différence et avoir du mal à d'intégrer, à cause de ta couleur de peau, de ta religion, ou si tu es mauvais en sport, ou parce que tu as du mal à parler ou que tu es dyslexique...

Quand tu es handicapé, tu sens dès l'enfance que tu n'es pas considéré comme les autres et la première difficulté, c'est de lutter contre le regard des gens.

La deuxième étape, c'est l'adolescence. Un adolescent, ça aime plaire, ça aime être apprécié, ça aime être le mec en place, ça aime marquer son identité, faire ses expériences, faire ses premiers choix et s'il se retrouve confronté parfois à des échecs, cela fait partie de son apprentissage de la vie. Qu'on soit valide ou handicapé à l'adolescence, on veut tous se prouver qu'on n'est plus des enfants.

Mais quand tu es handicapé, à l'adolescence, tu es considéré comme un « Peuchère. »
« Peuchère, il ne peut pas marcher. Peuchère, il ne peut pas courir. Peuchère, il ne peut pas sauter ». Il nous faut prouver à nos proches qu'on est des adolescents avec des envies de notre âge, on ne doit pas les laisser nous chouchouter. La seconde difficulté, c'est donc de lutter contre le phénomène de surprotection qui se crée autour de nous et qui risque de nous écarter du monde réel fait de joies et de peines.

La troisième étape, c'est l'âge adulte. Quand tu es valide, tu essayes de fonder une famille, d'avoir des projets, de te poser. Tu as des soucis de valide. Le souci de trouver du boulot, une copine, d'avoir du temps et de l'argent pour les loisirs ou pour partir en vacances.

Mais un adulte handicapé n'a pas ces soucis-là, car pour les avoir, il faut qu'il soit accompagné d'un valide. Et la troisième difficulté, ce n'est pas seulement d'accepter son handicap, mais d'accepter la dépendance à l'autre. Et qui dit : dépendance, dit forcément : demande et qui dit demande, dit : exposition au refus.


La relation amoureuse
Si moi, je veux séduire une fille, il ne faut pas que je sois dans un rapport de séduction comme vous, les valides. Il faut que je réfléchisse à ce que je peux avec mon handicap, lui apporter et c'est sans doute, une vision différente de la vie.

L'important pour moi c'est d'exister pour ce que je suis et non pas pour ce que je parais. Si une fille valide vient vers moi, il faut qu'elle me regarde avec son c½ur, pas avec ses yeux. Il faudra qu'elle soit armée mentalement, non pas pour supporter mon handicap, mais pour ignorer les regards empreints de pitié, pour surmonter la frustration de ne pas pouvoir aller dans des lieux sans accessibilité et pour m'épauler.

Force est de constater que toute ma vie, je serais dépendant de la bonne volonté des autres, pour boire, manger, sortir, m'habiller ou me déshabiller.
Et dans ces conditions, il m'est très difficile d'avoir un jardin secret, une relation intime.

Plus j'avance dans la vie, plus mes attentes sont élevées et plus je sens que mon handicap me gêne, mais ce n'est pourtant pas une fatalité.


La langue de bois
À quinze ans, j'écrivais des textes de rap et je voulais participer à un atelier d'écriture avec des jeunes. J'ai donc téléphoné à quinze centres sociaux.

À chaque fois que je téléphone pour la première fois à quelqu'un, presque systématiquement, il (ou elle) me raccroche au nez. Je suis obligé de rappeler et d'expliquer que je ne peux pas parler mieux parce que je suis handicapé mais qu'en faisant un minimum d'effort, la personne me comprendra très facilement. Souvent, elle s'excuse en disant qu'elle croyait qu'on lui faisait une blague mais parfois, on me dit : « Rappelez avec la personne qui s'occupe de vous et qui parlera à votre place ! »

Quand j'ai enfin pu parler de mon désir de participer à l'atelier d'écriture, aux personnes responsables des centres sociaux, ils m'ont répondu :
« Non, ce n'est pas accessible. »
« Non on n'est pas assuré. »
« On ne peut pas prendre cette responsabilité. »
« Les portes des toilettes ne sont pas assez grandes pour laisser passer un fauteuil. »
« Il faut qu'il y ait quelqu'un avec toi qui soit responsable de toi. »
« On n'a pas l'habitude de s'occuper de personnes handicapées. »
« On ne peut pas, on ne sait pas de quoi tu as besoin. »
« Et s'il y a le feu ? »
Et s'il y a le feu quelqu'un est en sécurité ? Est-ce que c'était si compliqué de faire l'atelier d'écriture, dans une salle libre et accessible au Rez-de-chaussée ?

Souvent quand je parle de mes tentatives pour m'intégrer, on me dit :
« Tu as du courage. Tu as une grande force mentale. Continue le combat. »
Mais c'est des phrases de circonstance. J'aurais préféré qu'on me dise : « Les handicapés, je m'en fous et je ne veux pas les voir dans mon établissement », plutôt que de perdre mon temps à écouter cette suite d'excuses bidons. En fait, personne ne le dit, parce que ce n'est pas politiquement correct.

Les responsables attendent 2015 que la loi les oblige à faire des travaux pour rendre les lieux publics accessibles. Le personnel se cache derrière la hiérarchie.
Les personnes dans la rue croient que s'ils m'adressaient la parole, je leur causerais des problèmes et que les handicapés doivent être assistés exclusivement par des professionnels de la santé et enfin que les handicapés ont des avantages et moins de soucis que les valides.

Effectivement pour nous, tout est programmé à l'avance. On passe de l'hôpital, à l'école spécialisée pour jeunes handicapés, puis à la Maison d'Accueil Spécialisée pour adultes handicapés avec comme activité, le handisport.
La difficulté pour nous commence, lorsqu'on souhaite sortir du milieu fermé du handicap, aller à l'extérieur, participer à la vie sociale et là, c'est le parcours du combattant.


Le parcours du combattant
Par exemple, si je veux sortir, je dois commander un transport adapté 15 jours à l'avance. Pour vous ce serait comme si à chaque fois que vous vouliez prendre le métro, il fallait téléphoner 15 jours à l'avance pour réserver le billet et cela arrive que ce jour-là, à ces heures-là, il n'y ait aucun car adapté de disponible.

Si par malchance au cours d'une sortie, vous avez envie d'uriner, malgré les précautions que vous avez prises à l'avance, il faudra que vous vous fassiez violence et que vous preniez sur votre fierté pour demander à un inconnu de vous aider à aller aux toilettes, (si la porte est assez grande pour laisser passer le fauteuil), à vous baisser le pantalon et à vous placer le pistolet (terme technique de l'urinoir), pour que vous puissiez vous soulager.

Pourtant, malgré ces dysfonctionnements et ces difficultés qui nous tiennent à l'écart de la vie sociale, j'ai l'impression qu'une partie de notre intégration dépend de nous.


Et si le rap rimait avec handicap ?
J'ai créé une association intitulée : « Et si le rap rimait avec handicap ? »
C'est un collectif de rappeurs valides et non valides et aussi le titre du premier morceau que vous pouvez écouter sur : http://naro-13.skyrock.com
Chacun a écrit 4 phrases sur le handicap et 4 phrases sur l'intégration.
J'ai écrit l'introduction et le refrain :
« Je m'intègre, je vis ma vie à 100%, j'avance à l'allure de mes pas
Sur fauteuil roulant, je crois en moi et j'irais loin
Et je vivrais mes rêves, peu importe le temps. »


Apprendre à se concentrer sur l'essentiel
Quand les valides se mettent à notre place et qu'ils jugent notre vie insupportable et nos difficultés insurmontables, c'est qu'ils ont l'idée reçue que s'ils se retrouvaient handicapés et dépendants, la vie ne vaudrait plus la peine d'être vécue.

Les valides sont rarement confrontés à la dépendance, ils ne savent pas ce que c'est, et instinctivement, ils évitent ce genre de situation, cela leur fait peur. Mais la dépendance, ce n'est pas seulement avoir besoin de quelqu'un pour les actes de la vie quotidienne, c'est un phénomène complexe qui paradoxalement, nous conduit à réfléchir à l'essentiel.

Je vous donne un exemple : un adulte valide qui n'a pas le permis de conduire, est dépendant de la personne qui va l'amener à l'endroit où il veut aller. Si le conducteur fume et que la fumée le gêne, il ne va pas oser lui demander d'arrêter de fumer. Pourquoi ? Parce sa priorité est d'arriver à son rendez-vous. Il ne veut pas risquer que le conducteur lui refuse une prochaine fois de lui rendre service.
Mais le valide pourra choisir d'autres solutions, prendre le bus, demander à quelqu'un d'autre, passer son permis ...

Mais si moi, je m'embrouille avec quelqu'un, un éducateur par exemple pour une activité, et si 1 heure après, je reviens vers lui parce que j'ai besoin qu'il me donne à boire et qu'il est encore énervé... Il peut arriver qu'il me donne à boire trop vite, que je m'étrangle et que je recrache tout. Au bout du compte, c'est quand même moi qui suis mouillé et qui doit renoncer à mon activité.

Je suis vulnérable. Je ne peux pas me permettre d'être en mauvais termes avec les personnes qui m'entourent. Je dois faire la part des choses et préserver l'essentiel. Je dois apprendre à me concentrer sur mes objectifs et à agir selon mes priorités. Quand j'assume les choix que je fais, je suis autonome et je suis dépendant parce que pour agir, j'ai besoin de mettre en ½uvre une logistique humaine et technique.

Mais évidemment, sur le moment on ne sait jamais si on a fait le bon ou le mauvais choix. Ce n'est que lorsque les événements sont passés que tu peux réfléchir aux décisions que tu as prises. J'ai plus appris de mes désillusions que de mes moments de joie. La défaite nous oblige à nous remettre en question, à analyser la situation, à essayer de comprendre pourquoi et à quel moment, on a fait une erreur.

Mais qu'on soit valide ou handicapé, personne ne peut se dire, cette stratégie va marcher à coup sûr. À chaque choix, c'est l'inconnu. Tu ne peux rien savoir à l'avance, c'est même ça qui te pousse à y aller. Dans la vie, rien n'est garanti et c'est ça qui fait le charme de la vie.

La clef de l'intégration
Quand je fais des sensibilisations au handicap dans les écoles, je prends le risque que cela se passe mal, les élèves pourraient se moquer de moi et chahuter, mais dans la majorité des cas, ça se passe bien, ils posent des tas de questions intéressantes et il y a de vrais échanges qu'on aimerait de part et d'autre prolonger. Ce qui me prouve que la peur du handicap est essentiellement liée au manque d'informations.

Selon le Larousse, la discrimination : « C'est l'action de séparer, de distinguer, de traiter différemment quelqu'un ou un groupe par rapport au reste de la collectivité. »
Il faut en finir avec l'idée qu'il existerait deux mondes séparés, un pour les valides et un pour les handicapés. Il n'y a qu'un monde. Mais il y a des murs qui nous séparent.

Pour les abattre, il suffit d'un rien, aménager les trottoirs, rendre les lieux publics accessibles, nous intégrer dans les écoles ordinaires, aménager le rythme scolaire...
Simplement prendre en compte notre existence de citoyen et notre droit de participer à la vie sociale sous toutes ses formes.

Mais, c'est à nous de prendre le risque d'aller vers les valides, de provoquer des rencontres, de partager avec eux ce que le handicap nous apprend et c'est la clef de notre intégration.

La sexualité

J'ai envie, comme n'importe quel mec de 22 ans de connaître ma première expérience sexuelle. C'est une forme de partage et c'est important pour moi, de pouvoir avec mon handicap, donner une forme de plaisir à quelqu'un.

Manque de pot, ce sujet-là est en France, tabou. Et le seul moyen pour tenter cette expérience est illégale, c'est la prostitution qui est un artifice que je trouve inapproprié. Pourquoi devrais-je payer pour quelque chose que les valides font gratuitement et par amour ? C'est insultant et très dévalorisant.

En Europe, certains pays ont pris en compte ce besoin fondamental de chacun. Au Danemark ou en Suisse, ils font appel à des assistants sexuels qui interviennent auprès des personnes handicapées et ce n'est pas de la prostitution. Ils reçoivent une formation et les conseils de médecins compétents.

Puisqu'il est scientifiquement prouvé que l'aspect sexuel est un excellent moyen d'épanouissement, pourquoi nous l'interdire ? D'autant plus que la loi de 2005 sur le handicap stipule que tous les désagréments liés au handicap doivent être compensés.

Je me suis donc rapproché de l'association : « Choisir sa vie » qui a ouvert un volet sur la sexualité et a réuni les associations APF, AFM, Handicap International et les responsables de structures afin de réfléchir à la prise en compte de ce besoin essentiel.
Mon inquiétude, c'est qu'il n'y ait que peu de volontaires pour faire cet accompagnement intime, alors qu'il y a beaucoup de besoins.
Mais on dit : « Qui ne tente rien n'a rien »



Si vous voulez nous faire part de vos réactions et suggestions à propos de ce texte, de notre intervention dans les classes, ou commander le DVD du film : « Y'a pas de quoi en faire une histoire, N°2 », vous pouvez nous écrire :

Association : une vache dans un pré
Cité des Associations – BP 114
93, La Canebière. 13001 Marseille - FRANCE
contact@unevachedansunpre.fr
http://www.unevachedansunpre.fr

# Posté le jeudi 23 avril 2009 13:26